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LE CANADA, UN PIED EN EUROPE

texte sur UE & Canada

Bruxelles ouvre la porte à un statut inédit de « membre associé » pour Ottawa

Devant le Parlement européen, mercredi 16 septembre 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé d’ouvrir la voie à une formule jusqu’ici inexistante dans les traités européens : faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne. L’annonce, faite en présence du premier ministre Mark Carney, a été accueillie par une ovation debout des parlementaires européens.

Une proposition historique, mais encore sans mode d’emploi

Derrière la portée symbolique de l’annonce se trouve une réalité institutionnelle : le statut de « membre associé » n’existe pas actuellement dans le droit de l’Union européenne.

Autrement dit, Bruxelles ne dispose pas aujourd’hui d’une procédure pouvant permettre au Canada d’obtenir un tel statut. Les contours de cette relation devront donc être négociés et définis.

C’est précisément ce qui fait de la déclaration de von der Leyen une proposition aussi inhabituelle. Il ne s’agirait ni d’une adhésion classique à l’Union européenne, ni simplement d’un nouvel accord commercial.

L’objectif affiché est plutôt de construire une relation intermédiaire, mais beaucoup plus étroite que les partenariats traditionnels conclus entre l’Union et les pays tiers.

Tous les regards tournés vers Mark Carney
La déclaration européenne intervient à la veille d’un moment particulièrement attendu.
Mark Carney doit s’adresser ce jeudi au Parlement européen. Sa présence à Strasbourg était déjà considérée comme un symbole du rapprochement entre Ottawa et Bruxelles. La proposition de von der Leyen donne désormais à son intervention une dimension supplémentaire.

Le premier ministre canadien avait jusqu’ici parlé d’une « alliance unique » avec l’Union européenne et avait écarté l’idée d’une adhésion classique du Canada à l’UE. Son gouvernement souhaite néanmoins approfondir considérablement les relations économiques et stratégiques avec les Européens.

Le facteur américain

Cette accélération diplomatique survient dans un contexte particulièrement tendu entre Ottawa et Washington.

Les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont détériorées sous l’effet des politiques tarifaires américaines. Face à cette situation, le gouvernement Carney cherche à diversifier les partenariats du Canada et à réduire sa dépendance économique envers son principal partenaire commercial.

Un nouveau chapitre pour Ottawa

Reste maintenant à savoir si cette ouverture historique débouchera sur un véritable statut institutionnel ou sur une forme nouvelle d’alliance entre Ottawa et Bruxelles.

Mercredi, les images de Mark Carney applaudi dans l’hémicycle européen ont surtout raconté une chose : le Canada et l’Europe cherchent à donner une nouvelle dimension à leur relation.

Ce jeudi, tous les regards sont tournés vers le premier ministre canadien.

Après l’ouverture spectaculaire de Bruxelles, Mark Carney devra désormais expliquer à quoi pourrait ressembler cette nouvelle place du Canada en Europe.

 

5 comments
JB Uguelin

Le Canada veut prouver à Trump que les Etats Unis n’est pas l’unique alternative commerciale du monde.

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